COP26 : l'énergie communautaire, un élément clé de l'action pour le climat
Des milliers de responsables gouvernementaux, de chercheurs et d'écologistes se sont rendus à Glasgow, en Écosse, à l'occasion du sommet des Nations unies sur le climat, la COP26. L'objectif : amener les pays…
Des milliers de responsables gouvernementaux, de chercheurs et de défenseurs de l'environnement se sont rendus à Glasgow, en Écosse, à l'occasion du sommet des Nations unies sur le climat, la COP26. L'objectif : amener les pays à s'engager à mettre en œuvre des plans plus ambitieux pour réduire leurs émissions et, ensemble, ralentir le changement climatique.
Les politiques climatiques issues des précédentes COP se sont principalement concentrées sur des solutions impliquant les grandes entreprises et des budgets colossaux. Selon beaucoup, le manque d’attention accordée à l’action collective au niveau local a constitué une faille fatale. Lors de la COP de cette année, davantage de groupes axés sur les communautés ont pris les devants pour faire entendre leur voix.
Qu'est-ce qu'ils disent ?
L'énergie communautaire a un rôle essentiel à jouer dans la réalisation de l'objectif « zéro émission nette », en impliquant les communautés dans la conception, l'adoption et le financement de solutions climatiques locales.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce terme, l'« énergie communautaire » désigne la mise en œuvre, sous l'impulsion des communautés, de projets d'énergie renouvelable et de réduction de la consommation d'énergie, dont la propriété et/ou la gestion sont assurées par ces communautés.
L'énergie communautaire profite aux économies locales
Au-delà du rôle important joué par les collectivités dans la conception des projets, la plupart des projets énergétiques communautaires comportent également une composante de financement communautaire. Que ce soit sous la forme d’un emprunt ou d’une prise de participation, les collectivités ont tout à y gagner. En effet, un Étude menée en Écosse Cette étude, publiée à l'approche de la COP26, a montré que les projets éoliens communautaires génèrent 34 fois plus d'avantages pour la communauté que les installations commerciales.
Au Canada, on dénombre 65 coopératives de production d'énergie renouvelable constituées en société, dont une trentaine sont en activité. Outre les coopératives, les projets énergétiques communautaires peuvent également être lancés par des associations à but non lucratif, des organismes caritatifs, les Premières Nations, les Métis et les Inuits, des établissements d'enseignement ou de santé, des municipalités et d'autres groupes communautaires.
Investissement communautaire pour l'énergie communautaire
Tapestry s'implique depuis longtemps dans le domaine de l'énergie communautaire, en aidant les coopératives d'énergie renouvelable à mobiliser le soutien de la communauté et à attirer des capitaux privés. Pour en savoir plus sur notre organisation mère, la Toronto Renewable Energy Co-operative (TREC), et sur nos 25 ans d'histoire, découvrez notre parcours ici.
Nous avons contribué à la mobilisation et à la gestion de fonds pour 53 projets énergétiques communautaires au Canada. Notre engagement remonte à notre soutien à la toute première coopérative d’énergie renouvelable du Canada, WindShare. Leur projet d’éoliennes au CNE, détenu collectivement par plus de 600 membres de la communauté et Toronto Hydro, est devenu un modèle en matière d’action climatique menée par la communauté.
Aujourd’hui, nous continuons à travailler en étroite collaboration avec les coopératives d’énergie renouvelable du Canada, dont beaucoup ont été inspirées à leurs débuts par la persévérance et le succès de WindShare. SolarShare, par exemple, est la coopérative d’énergie renouvelable la plus importante et la plus prospère du Canada, avec plus de 2 000 membres qui ont collectivement investi plus de $70 millions dans le photovoltaïque solaire et généré plus de $9 millions de bénéfices. Leurs projets produisent chaque année plus de 17 millions de kWh d’électricité, ce qui se traduit par une réduction annuelle des émissions de gaz à effet de serre de plus de 500 tonnes de CO₂e.
Quels résultats espérons-nous donc voir à l'issue de la COP26 ?
Cette année, parmi les délégués canadiens à la conférence, figurent plusieurs représentants de Énergie propre autochtone (ICE), une association à but non lucratif qui met en avant les avantages sociaux, économiques et environnementaux pouvant découler de la participation, à titre de propriétaires à part entière ou partiels, des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis dans des projets énergétiques.
“ Les projets d’énergie renouvelable menés par les populations autochtones dans les régions isolées de l’Île de la Tortue (Canada) ont des répercussions durables et positives sur les systèmes énergétiques, la protection de l’environnement, les programmes sociaux et les économies circulaires ”, a déclaré Chris Henderson, directeur exécutif de l’ICE, dans un communiqué de presse récent. “ Le potentiel des initiatives menées par les communautés est inestimable et celles-ci doivent être au cœur de l'action pour le climat. ”
Nous nous faisons l'écho de la les recommandations formulées par Chris, Mihskakwan James Harper et d'autres délégués de l'ICE – nous exhortons les gouvernements à voir grand mais aussi de voir les choses à petite échelle. Plus précisément, sur la manière dont les projets financés et gérés par les communautés peuvent contribuer à la transition vers un monde à faibles émissions de carbone.
Que peut faire le gouvernement canadien pour soutenir l'énergie communautaire ?
- Mettre en place un programme d'allègement fiscal en faveur de l'investissement social, qui offrirait des allègements fiscaux aux investisseurs afin de soutenir les investissements dans des organisations à vocation sociale qui rencontrent des difficultés à accéder au financement et qui génèrent des bénéfices sociaux et environnementaux.
- Accorder des garanties fédérales de prêt pour les projets coopératifs. Les garanties fédérales sur les prêts pourraient rapidement réduire le coût de la levée de fonds pour les projets coopératifs, tout en ne faisant courir qu'un risque minime au budget fédéral.
- Soutenir les fonds d'investissement consacrés à l'énergie communautaire et aux coopératives qui peut fournir des sources de financement traditionnelles et compléter les investissements des membres de la coopérative par des fonds assimilables à des fonds propres (dette subordonnée).
- Enfin, le gouvernement canadien pourrait également mettre en place un programme d'incitation à la production d'électricité communautaire destinés directement à des projets visant à améliorer l'autonomie énergétique des communautés et leur résilience face au changement climatique. Cela pourrait contribuer à combler l'écart auquel sont confrontés les promoteurs de projets énergétiques communautaires (coopératives, Premières Nations, écoles, etc.) en raison des coûts de déploiement plus élevés qu'ils supportent par rapport aux promoteurs commerciaux, qui n'ont pas à supporter les frais généraux liés à la mobilisation et à la gestion des investissements individuels des communautés.
Pour plus de recommandations, consultez le rapport du TREC Accélérer le développement des coopératives d'énergie renouvelable au Canada.
“ Je ne saurais trop insister sur le fait que les citoyens doivent s’impliquer dans un effort sociétal visant à atteindre la neutralité carbone ”, déclare Mary Warner, codirectrice générale de Tapestry Community Capital et de TREC. “ Nous avons besoin d’une production énergétique détenue par les populations locales et au service de celles-ci. Pour y parvenir, les personnes et les communautés doivent être au cœur de la politique climatique. ”